« Plus tard, je veux être… une héroïne ! »

Nous avions proposé ici-même , il y a de longs mois, une maquette pour une activité d’écriture avec le jeune public sur le conte (cliquez ici). Sur celle-ci, nous avions indiqué que la première étape était de choisir et présenter son héros. Par « héros », nous entendions, héros ou héroïne… mais parce que ça va toujours mieux en étant explicite – comme nous l’a rappelé Maïwen – nous avons souhaité faire un petit retour sur ce point…

En effet, on s’aperçoit vite que quand on fait une recherche sur le « héros », on trouve plusieurs pages de référence au masculin (CRDP de Strasbourg, Momes.net), et sûrement les auteurs de ces pages ne pensent-ils pas non plus à mal. Mais pour bien être sûrs que nos enfants puissent s’identifier, autant filles que garçons, à des héros et à des héroïnes, nous avons eu envie de vous proposer une petite sélection puisée dans la littérature jeunesse !

 

Au-delà de cette bibliographie, d’autres exemples peuvent être cités :

  • Marie Curie, et les autres femmes scientifiques moins connues (Webdoc de TV5 Monde)
  • Les grandes sportives
  • Les grandes aventurières, comme Alexandra David-Néel
  • et bien sûr, les compagnes des hommes célèbres, sans qui ils n’auraient probablement pas accompli les mêmes parcours

Nous espérons qu’avec ces nombreuses pistes, vous pourrez discuter avec vos enfants ou vos classes des héroïnes et les inviter à écrire un conte où le le dénouement devra tout à son héroïne !

 

NB : à découvrir, d’autres héroïnes dans la liste du site de la librairie GLOSE, 47 livres Young Adult incontournables : cliquez ici .

Toute première fois

Vous avez bien envie de vous essayer à l’aventure de l’écriture. Mais voilà, chaque fois que vous lancez quelques phrases sur le papier ou l’écran, vous avez le sentiment que votre texte est beaucoup plus plat que ce que vous aviez en tête ou que les textes de vos auteurs préférés.

 

Pour remédier à cela deux pistes :

– Révisez le premier « mantra » de l’écrivain : Faites-vous confiance !

Source (en anglais) de la citation : http://www.justinmclachlan.com/1670/25-things-writing/

– Maintenant que la base est rétablie, réfléchissons ensemble à la toute première impression que vous ferez à votre lecteur : votre première phrase! Grâce au blog Nownovel, nous vous proposons un petit jeu traduit et adapté (lire l’article original)…

Proposition n°1 : « Un homme se servit du bacon pour son petit déjeuner »

Proposition n°2 : « L’homme se servit du bacon de chair humaine pour son petit déjeuner »

Je suis sûre que vous voyez où nous voulons en venir. Dans la première proposition, la situation est quelconque, peut-être l’homme en question est-il un meurtrier, peut-être un facteur… on n’en a aucune idée, et finalement on n’a pas tellement envie de le savoir… Alors que dans la seconde, cette précision, pour le moins inattendue, et l’utilisation de l’article déterminé « Le » nous intriguent, nous donnent envie de découvrir la suite!

Et finalement, cela fonctionne de la même façon pour l’ensemble d’un texte, ce sont les petits détails qui font qu’un lecteur se reconnaît, s’identifie, qu’il fait des connexions avec sa propre histoire ou l’actualité. Sans en abuser, il importe que vos textes comportent des notes spécifiques qui leur donneront du relief.

 

L’exemple ci-dessus est particulièrement provocateur, alors nous vous en donnons un autre :

Proposition n°1 : « Un vieil homme se réveilla doucement »

Proposition n°2 : « Alors que plus personne ne s’y attendait, le vieil homme se réveilla brutalement. »

 

Alors, qu’en dites-vous? Voyez-vous d’autres détails, changements qui pourraient être faits pour donner plus de peps à cette « première phrase »?

 

Et maintenant, c’est à vous! N’hésitez pas à poster vos propositions de premières phrases ou de « pitch » et à échanger avec les autres lecteurs du blog!

 

Autour d’un livre | Calpurnia de J Kelly : Jeu d’écriture

« Mon carnet d’observations »

Première étape : fabriquer un carnet

Bien sûr, il est possible d’acheter un carnet : du plus simple au plus élaboré, vous trouverez en papeterie (soutenons le commerce indépendant, d’autant plus que les papeteries à La Réunion sont souvent aussi des librairies !) un large choix. Mais pourquoi ne pas prendre le temps de réaliser son propre outil ? C’est la satisfaction d’avoir un carnet unique, fabriqué de ses mains et qui sera sûrement jalousé !

Voici deux propositions de guides pour fabriquer un carnet :

  • Un guide pas à pas en vidéo sur le blog Un joyeux petit bazar : cliquez ici
  • Tutoriel sur le site Mademoizelle, proposé par My Rainy Days : cliquez ici

 Autour d'un livre - Calpurnia - carnet

Deuxième étape : écrire son carnet d’observations

Tout au long du roman, Calpurnia relève les curiosités du monde qui l’entoure dans un carnet sous forme de questions. Elle se questionne sur la nature, mais aussi sur sa famille et les réactions étonnantes des adultes et des autres enfants. Par cette démarche, l’auteur, Jacqueline Kelly nous montre que l’on peut apprendre beaucoup, simplement en étant attentif aux détails. C’est aussi l’objectif des courts extraits cités au début de chaque chapitre faisant apparemment référence aux théories de Charles Darwin : grâce à l’observation, il a mis en place une théorie qui a révolutionné la science du vivant en son temps.

Il est bien sûr possible d’écrire un carnet d’observations sous des formes multiples : questions, petits poèmes, dessins, liste des choses ordinaires et extraordinaires et à des occasions variées (voyage, week-end à la campagne ou tout simplement dans la vie de tous les jours).

C’est donc à vous de décider quand et comment… Le principal : y prendre du plaisir !

 

On parle aussi de carnet de nature, carnet de curiosités ou carnet d’exploration.

 

Une piste complémentaire sur le site internet du réseau Ecole et Nature : cliquez ici

 

Cette activité est proposée dans le cadre de «Autour d’un livre », propositions pour des animations en lien avec le livre Calpurnia de Jacqueline Kelly. Pour en savoir plus et découvrir les autres activités : cliquez ici.

Nom de code : Fiction?

Christine (nom de code : Miel) feuilletait le livre à la recherche du mot entouré au crayon à papier. Elle avait veillé à ne pas être suivie et avait pris la précaution de consulter d’autres livres avant de s’attarder sur « Et je danse, aussi ». Elle venait de trouver le mot « femme » entouré par Mélissa (nom de code : Miss Griboulle). Grâce au code secret créé par Pascale (nom de code : Palou), elle connaissait ainsi la date et le lieu du prochain rendez-vous.

Elle referma le livre, le reposa sur l’étagère du haut et parcourut encore quelques allées de la BIAL avant de quitter les lieux. Appuyant sur les pédales pour grimper le faux plat qui la ramenait à son domicile, elle essaya de se rassurer. Si elle avait été suivie, ils l’auraient déjà arrêtée.

La BIAL allait fermer définitivement à la fin du mois d’avril. On s’y attendait mais nous étions consternés. Au–delà du fait de voir fermer les portes d’un nouveau lieu de culture, il allait falloir trouver un autre moyen pour communiquer. Miss Gribouille avait promis d’y réfléchir. Depuis 6 mois maintenant, le système de communication mis au point par Palou fonctionnait bien mais sans l’aide des bibliothécaires du quartier de la Source, tout était à repenser.

« Et je danse, aussi » bouquin découvert par Frédérique (nom de code : Cabotine) et pour lequel Palou était tombée en amour servait de boîte aux lettres. Les bibliothécaires de la BIAL avaient accepté d’y coller une étiquette « en consultation uniquement » et veillaient à ce qu’il ne soit pas emprunté par mégarde. Le code secret permettait de connaître le lieu et la date des prochaines palabres. Miss Gribouille se chargeait de passer à la BIAL le premier mardi de chaque mois pour gommer le trait de crayon entourant le mot du mois précédent et en entourer un nouveau. Chacun d’entre nous passait ensuite afin de connaître la date et l’heure des prochaines palabres. Notre présence régulière dans ces lieux n’était pas suspecte car nous fréquentions depuis des années les rayons des bibliothèques.

Depuis l’invasion, nous avions décidé de n’écrire et ne palabrer qu’une fois par mois. Finis les rendez-vous réguliers des jeudis puis des mercredis à 18 heures dans des bars de Saint Denis ou au domicile de certaines d’entre nous. La prudence imposait des lieux et dates de rencontres différents à chaque fois.

Après l’arrestation de l’une d’entre nous en février, nous avions envisagé de mettre fin à ces rendez-vous clandestins mais ils restaient les seuls moments de liberté, d’échanges dans nos vies plombées de gris et de silence.

Qui aurait pu penser que ce gris et ce silence viendraient envahir l’île intense ? En novembre, ils avaient débarqué pour envahir ce bout de France. Les canons du Barachois n’avaient pas su les arrêter.

Depuis, c’était un attentat à la liberté, à la vie, à notre île multicolore. Attentat permanent. Lieux de culte, lieux de culture, lieux de loisirs… tous fermaient les uns après les autres. Rassemblement interdit. Plages interdites. Seuls les sentiers de randonnée échappaient à ce dictat. Encore fallait-il ne pas s’y perdre car chaque panneau de signalisation avait été arraché et détruit. Seules les marques rouges, jaune, blanche sur les galets, les rochers ou le sable volcanique étaient encore là.

Jusqu’au jardin de l’état fermé. L’ancienne prison Juliette Dodu, elle, avait été ré-ouverte pour emprisonner celles et ceux qui avaient tenté de résister ou seulement protesté ouvertement.

Musique, danse, écriture, lecture, théâtre, radio, journaux, internet bannis à jamais. Le théâtre en plein air de Saint Gilles avait servi pour la dernière rafle dans l’ouest. La falaise de la route du littoral avait été détruite à coup de canons pour rendre difficiles les déplacements d’un point à l’autre de l’île.

Les autorités, de la Pyramide inversée au Palais de la Source et à la Préfecture, bâillonnées. On aurait tant envie d’entendre à nouveau aujourd’hui leurs propos démagogiques.

Les palabres avaient donc résisté à leur façon. Se retrouver, s’interdire de parler des envahisseurs, de ce mode de vie imposé, du gris d’aujourd’hui. Palabrer sur la vie d’avant, celle d’après. Ecrire. Lire. Plus de vin partagé. Moins de rires échangés. Plus de blog pour publier. Mais maintenir cet espace de liberté et prendre des risques pour cela.

Curieusement, depuis l’invasion, le groupe s’était agrandi. Nous avions fait le pari de faire confiance à celle-là et celui-ci venus nous rejoindre. Un autre groupe était également né dans le sud de l’île et se réunissait régulièrement grâce à Christine (nom de code : Sagesse) qui avait pris les choses en mains.

Et Simone (nom de code : Lilomots) parvenaient encore à animer quelques ateliers d’écriture clandestins dans le cirque de Salazie à Mare à Poule d’Eau, à l’abri des regards.

Il fallait maintenant trouver au plus vite un nouveau moyen de communication. Miss Gribouille pensait à …

« Frédérique, réveilles toi », tu t’es endormie devant le journal télévisé.

Une proposition imaginaire de Cabotine, mercredi 23 mars 2016. Elle nous confie : « Moi qui ne regarde jamais le journal télévisé (ni la télévision), il arrive que l’actualité me rattrape… »

Nota Bene :

« Et je danse, aussi » est un roman d’Anne-Laure BONDOUX et Jean-Claude MOURLEVAT chez Fleuve éditions

La BIAL est la Bibliothèque Intercommunale Alain Lorraine, située 1 allée des Pierres de Lune dans le quartier de la Source à Saint Denis (La Réunion).

La magie du conte

fairy Tale Castle PixabayQui n’aime pas les contes ? Nous emportant dans nos rêves et dans notre imaginaire, le conte nous permet de trouver des solutions magiques à nos problèmes et aussi de nous échapper du quotidien. Et cela fonctionne encore mieux, quand on écrit son propre conte ! Plus

Variations autour d’un pilon

Tout objet du quotidien peut se faire muse inspiratrice… A nous de savoir comment entendre leur petite histoire ! Nombre de jeux permettent de libérer l’écriture, ils peuvent être ludiques, adaptés à toute la famille ou plus ardus, et donc réservés à des passionnés. Mais intéressons-nous aux premiers. Pour cela rien de plus facile… prenez un crayon, un stylo et suivez le guide… Plus